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Interview  (Paris)  6 avril 2007

Virginie Stevenoot, ex-danseuse devenue comédienne, joue actuellement dans "Tout bascule" à l’affiche de la Grande Comédie après avoir joué dans "Dévorez-moi !".

Pas le temps de s’ennuyer depuis deux ans pour cette boulimique de la scène. Une boulimique éclatante, jeune, jolie, blonde mais pas du tout bimbo, qui aime rire et faire rire et qui est d’une drôlerie et d’une gentillesse remarquables.

Entretien avec une vraie nature.

Comment êtes-vous devenue comédienne car vous avez commencé par la danse ?

Virginie Stevenoot : Ma première partie de vie, de 16 à 32 ans, j'étais danseuse professionnelle,de la danse classique au jazz au music hall, chorégraphe, professeur de danse puis directrice d'une école de danse. Mais c'est un métier qui s'arrête très tôt et à 30 ans il faut déjà penser à la reconversion. Jusqu’à 30 ans, il n’y pas de problèmes c’est "finger in the nose". Après, il se passe quelque chose dans le corps qui fait que ce n’est plus pareil. Et ça finit par revenir cher l’ostéopathe quand vous avez un cancan tous les soirs. Et puis dans la tronche aussi car on n’a plus envie des mêmes choses. Par ailleurs, le music hall ne pardonne pas. Une nana de 30 ans a l’air d’une vieillarde à côté d’une nana de 20 ans.

Donc j'étais à l'affiche du Paradis Latin pour la revue "Paradis d'amour" dont j'ai assuré le montage et j'ai du fermer mon école en raison de la défection des investisseurs. J'avais envie de faire du théâtre depuis très longtemps mais je n'avais pas trouvé le temps de le faire, car je travaillais comme une brute 17 heures par jour, et je n’avais pas trouvé de cours de théâtre ouvert entre 2 et 4 heures du matin. ! Quelques années auparavant, j’avais rencontré Olivier Lejeune par l’intermédiaire de Virginie Pradal qui jouait avec lui dans "Ma femme est folle", Virginie Pradal que j’avais connue grâce à une passion commune, qui est l’antiquité brocante, j’ai d’ailleurs un stand aux puces.

Nous sommes devenus amis au départ en tout bien tout honneur, mais maintenant c’est mon compagnon, et je lui ai demandé conseil pour des cours de théâtre. Il m'avait suggéré les cours de Jean-Laurent Cochet mais c’était encore à l’époque où je travaillais beaucoup. Et quand l’école de danse a fermé, j’ai repris contact avec lui pour avoir les coordonnées exactes de ce cours. Je m’y suis inscrite et, le premier mois, j’ai été un peu déçue car j’étais dans une classe où les élèves étaient terrorisés de passer une scène par crainte de se faire engueuler alors que moi je n’avais qu'une envie, c’était de monter sur scène car j’y étais habituée depuis l’âge de 19 ans.

Mais quand j’ai passé ce qu'on appelle un flash, avec une fable, devant Jean-Laurent Cochet c’était formidable et il m’a surnommé "l’oiseau rare". Pendant cette saison, j’ai continué à faire quelques galas et Jean-Laurent Cochet qui montait "Le veilleur de nuit" aux Bouffes Parisiens  m’a proposé le premier rôle.

C’était flatteur car il a une réputation de sévérité et d’exigence.

Virginie Stevenoot : Oui, mais je pense que nous nous sommes compris en ce qui concerne la rigueur dans le travail car la danse est une discipline très dure. J’avais préparé Célimène Alceste du "Misanthrope" mais apparemment Jean Claude Brialy ne m'a pas aimé. Je ne l’ai pas regretté car Olivier Lejeune remontait "Tout bascule" à Bobino, pièce qu’il avait écrite pour Marthe Mercadier qui, hélas, n’était pas libre pour jouer à ce moment-là, et il m’a proposé une lecture pour le rôle du mannequin. Et au bout de la deuxième lecture, il m’a propose le rôle.

C’était génial car cela m’a permis de continuer ma formation de comédienne mais sur le tas et puis avec, sans que cela soit péjoratif, des vieux de la vieille. C’est une sacrée école. J’ai vu que l’on pouvait faire crouler de rire une salle sur un trou de mémoire. Marthe avait systématiquement un trou au même endroit et elle balance une musique avec le même nombre de notes que le texte et la salle riait.

Et elle m’avait dit : "Ma chérie, c’est le son ! La situation et le son !". Et cela ne s’apprend pas dans les cours. C’est du 4x4 tout terrain. Ce qui me plait vraiment dans le boulevard et dans le rire, c’est que cela ne fonctionne qu’à l’énergie ce qui se rapproche de mon premier métier. Je vis donc ma pré-retraite avec la même énergie.

Vous avez ensuite enchaîné sur la deuxième pièce d’Olivier Lejeune "Dévorez-moi !" ?

Virginie Stevenoot : En fait avant "Tout bascule" il y a avait eu une pièce de Dumas fils mis en scène par Caroline Darney, "Le demi-monde" au Théâtre du Renard avec crinoline et corsets. Ensuite il y a donc eu "Tout bascule" à Bobino suivi d'une tournée de six mois où nous avons joué dans 110 villes. Ensuite de juillet à janvier, je jouais l’épouse du chef dans "Dévorez-moi !". J’ai ensuite fait des tournages publicitaires pour la MAAF, car je fais une des petites femmes vertes, une des mafettes qui s'agitent autour de Marcel Philippot et Philippe Korsand.

Et nous voici donc de nouveau avec "Tout bascule" à la Grande Comédie suite à un appel d’Alil Varda, le directeur, qui s’est fait planté par une production, et nous a proposé de produire le spectacle. Marthe Mercadier pouvait être de la distribution car elle venait de terminer "Clémentine" au Théâtre Nouveautés.

Et ici, j’ai pris du grade et du bide puisque je ne joue plus le mannequin mais la mariée enceinte. Ce qui est fantastique car j’ai plus de biscuit à défendre et c’est une autre couleur. Pour une fois, ce n'est pas un personnage à poil parce que, quand on est blonde et pas trop mal fichue, forcément, on entre dans le créneau de la bimbo.

Ce qui m’a également plu c’est que pendant la tournée j’ai eu le premier rôle aux cotés de Francis Perrin dans "Intime conviction" la série policière pour Patrick Sébastien. C’était un rôle de bimbo mais très salope et donc je changeais un peu du registre sucré. J’aimerai bien donc évoluer dans les rôles car je suis boulimique. Je suis en fait droguée de scène. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont laissé partir en tournée dès l’âge de 16 ans et la scène est mon élément.

Si je n’ai pas ma dose de scène je ne suis pas bien. Se lever le matin en sachant que le soir on va donner du bonheur aux autres, c’est fantastique. La récompense est la réaction du public qui nous attend à la fin du spectacle pour nous dire : "Ah cela devrait être remboursé parla sécu car j’ai tout oublié pendant deux heures !". Et nous aussi nous laissons nos problèmes personnels au vestiaire.

Mieux vaut effectivement avoir votre enthousiasme et cette énergie car les deux pièces d’Olivier Lejeune se sont jouées des centaines de fois donc vous partez pour de vrais marathons.

Virginie Stevenoot : Oui, mais chaque soir est différent d’abord parce que  la troupe est vivante et le public change et rien n’est jamais acquis. Il n’y a pas de routine. Au point même où quand on croit avoir le public à un moment précis, c’est le bide !

Donc pour le moment "Tout bascule à la Grande Comédie jusqu’à fin avril. Et ensuite ?

Virginie Stevenoot : Je ne sais pas si nous continuerons un peu au-delà car les années d’élections ne sont pas top pour le théâtre. En tout cas, il y a ensuite quelques dates cet été et une tournée de septembre à fin janvier.

Je suppose que la vie de tournée vous plait toujours ?

Virginie Stevenoot : Oui, tout à fait. Et puis ce qui est génial c’est que nous jouons dans des lieux très différents d’une ville à l’autre, de la salle polyvalente au théâtre à l’italienne, ce qui est excellent aussi pour la formation du comédien et son adaptation à toutes les situations ne serait-ce que, par exemple, pour la voix. Et ce que j’apprécie beaucoup, c’est ce que j’appelle "la troisième mi-temps" qui est la rencontre avec le public et un public qui n’a pas l’habitude d’aller au théâtre. Il y a des communes qui ne prennent qu’une pièce par an et les gens sont tellement heureux de venir nous voir et ensuite de parler avec nous ! Et ce qui est top aussi c’est le fait de voyager dans un pays où on mange très bien car nous revenons avec des provisions !

Vous doublez la tournée d’un circuit gastronomique ?

Virginie Stevenoot : Oui, tout à fait. Surtout que j’adore le bon vin et la bonne bouffe, au point que l’année dernière, à l’occasion de quelques jours de vacances au bord de la mer, quand j’ai mis mon maillot de bain je me suis dit : "Ah oui !".  Nous venions de faire des dates en Suisse et les fondues étaient tombées là où il ne faut pas ! (rires).

Comme vous êtes toute jeune dans le métier de comédienne et compte tenu de ce que vous venez de nous dire, vous souhaitez continuer dans le rire et le boulevard ou avez-vous envie d’explorer d’autres registres ?

Virginie Stevenoot : Au théâtre c’est comme dans la danse. Il y a des sortes de créneaux, qui une fois pris, vous collent à la peau. Au départ, j’étais danseuse classique et quand j’ai basculé, sans mauvais jeu de mots, dans le music hall on est cataloguée "plumes dans le cul" !

Et au théâtre, le théâtre classique ou dit intellectuel crache un peu sur le boulevard. J’ai la chance d’avoir rebondi très vite dans ce métier et je suis totalement disponible et intéressée pour jouer d’autres rôles hors du boulevard. Je me vois bien finir mes jours à la Comédie Française ! Où je gagne au loto et je rachète 2 ou 3 théâtres parisiens. Il y a plein d’options possibles !

Vous n’êtes pas à cours d’idées !

Virginie Stevenoot : Non. Ce que je veux surtout c’est continuer à m’amuser car je n’ai pas vraiment l’impression de travailler. Comme on dit dans le music hall "toy toy".

Maintenant que vous êtes dans le milieu du théâtre, s’il fallait comparer, quel est celui qui vous convient le plus ?

Virginie Stevenoot : C’est la danse car c’est ma première famille. Et pour chaque nouvelle aventure théâtrale j’éprouve le besoin de me ressourcer en allant dans ma première famille. Les valeurs y sont tout à fait différentes. Etre danseur est le résultat d’un long et difficile apprentissage et si vous n’assurez pas, techniquement parlant, vous ne travaillez pas ! Alors qu’au théâtre, c’est ce que j’appelle "40-40-20". 40% de bonnes rencontres, 40¨% de chance et 20% de talent. C’est un métier où il est très difficile de travailler si on ne connaît pas les bonnes  personnes et où on voit arriver des jeunes qui n’ont aucune formation.

Effectivement, on ne peut pas danser ou jouer du piano sans  savoir eu une formation préalable alors qu’aujourd’hui tout le monde pense pouvoir être acteur. 

Virginie Stevenoot : Oui. On prend une cigarette, des grands temps de réflexion parce que cela fait Actor’s studio. Je suis désolée mais moi j’appelle cela de la "branlette". Etre comédien ce n’est pas ça ! Et c’est pour cela que j’adore Jean-Laurent Cochet qui enseigne la rigueur du métier de comédien. Seules la rigueur et l’acquisition de la technique nous permet d’être ensuite libre dans le jeu et de s’amuser.

Dans le music hall, on  a l’impression que tout est facile mais les filles ont 10-15 ans de danse classique derrière elles et les costumes pèsent parfois 10 kilos. Au Paradis Latin, les costumes du final avec des armatures en fer étaient tellement lourds que nous avions des cals aux clavicules ce qui n’est pas tellement glamour. Et il faut tenir le dos pour descendre les escaliers en talons hauts avec un harnachement aussi lourd.

Toute proportion gardée, cela peut être aussi très physique au théâtre quand comme dans "Tout bascule" tout va à un train d’enfer.

Virginie Stevenoot : Tout à fait. Surtout que du fait de la double programmation de la Grande comédie, Olivier a dû raccourcir la pièce de près de 45 minutes ce qui a considérablement resserré l’action. Donc c’est très physique et Marthe qui a le rôle clé de la pièce n’a pas le temps de se poser les fesses !

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Virginie Stevenoot : Il n’y a aucun projet finalisé. Peut être la prochaine pièce d’Olivier.

Nous nous donnons rendez-vous l’année prochaine alors ?

Virginie Stevenoot : Oui, on fait ça !

 

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La chronique du spectacle "Tout bascule"
La chronique du spectacle "Dévorez-moi!"

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur Taste of Indie)


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